Sous la plage, les pavés… numériques…

Début août, au cœur de la pause estivale bien méritée (en réalité plus ou moins méritée bien selon l’avis de chaque manager pour chacun de ses collaborateurs…) et d’une actualité dramatique pour beaucoup de nos territoires dévastés par des incendies, une information est passée relativement inaperçue : Google aurait découvert comment rendre une Intelligence Artificielle… consciente ! Non, chère lectrice, cher lecteur, il ne s’agit pas du pitch d’une nouvelle enquête de l’inspectrice Grace Campbell (voir billet précédent). 
 
Des chercheurs de Google ont réellement observé qu’il était possible de modifier la représentation qu’une IA se fait d’elle-même, en l’amenant à se considérer comme étant dotée d’un “esprit”, d’une “personnalité” voire d’une “âme”.  La découverte, si elle devait se confirmer, serait (à moins qu’elle ne soit déjà) vertigineuse. L’apparition des robots humanoïdes dopée à l’Intelligence Artificielle illustre ce vertige qui transforme chaque jour un peu plus une révolution technologique en un véritable défi civilisationnel avec des machines qui ne se contentent plus d’exécuter des tâches industrielles mais qui marchent, dansent, saluent, imitent des gestes humains… Et qui commencent même à investir des espaces que nous estimions réservés à notre espèce humaine : le soin, l’éducation, le service… et désormais la spiritualité.

Trois minutes de lecture pour changer de regard.

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Le 24 mai dernier, en Corée du Sud, un robot humanoïde de l’entreprise chinoise Unitree Robotics a ainsi été ordonné… moine bouddhiste au temple Jogyesa de Séoul ! Baptisé Gabi, ce robot Unitree G1 mesure moins d’un mètre trente. Pour la cérémonie, sa tête a été peinte afin de rappeler le crâne rasé des religieux et il a revêtu la robe grise et brune traditionnelle des moines. Devant plusieurs religieux, il a reçu un chapelet avant de prêter serment. Bien entendu, Gabi n’est pas devenu moine au sens spirituel du terme. Il ne médite pas, ne ressent pas la foi et ne connaît pas l’illumination. Mais les cinq préceptes qui lui ont été attribués sont étonnants par leur portée symbolique. Le robot s’est engagé à respecter la vie et à ne pas nuire, à ne pas endommager les autres robots et les objets, à obéir aux humains sans leur répondre de manière insolente, à ne pas mentir et à économiser son énergie. 
 
Quelques mois auparavant, au Japon, des chercheurs avaient présenté Buddharoid, un moine robotisé équipé d’une intelligence artificielle et destiné à dispenser des conseils spirituels. Là encore, la machine ne remplace pas une expérience intérieure. Elle reproduit des paroles, des postures et des formes de transmission.
 
Si l’Intelligence Artificielle s’humanise, que restera-t-il justement de l’humain ? Le seul énoncé de cette interrogation, qui n’émane pas de quelques esprits farfelus mais désormais d’experts, entrepreneurs ou scientifiques renommés, témoigne de la réalité de cet enjeu. Alors que reste-t-il ? La culture…