Hier, je suis arrivé à Avignon, ou en Avignon, selon que vous êtes partisan des à ou des en, pour quelques jours à l’occasion du plus célèbre festival francophone de théâtre au monde. Pour une fois les superlatifs collent à la réalité.
Premier spectacle vu, le seul-en-scène de Jean-Michel, ancien financier reconverti, la cinquantaine venue, dans le spectacle, son rêve depuis toujours. “J’aurais voulu être artiste”, pour beaucoup d’entre nous, l’incantation restera pour toujours au stade d’une chanson fredonnée, parfois secrètement, presque honteusement… “Je suis un homme oh comme ils disent” chantait en écho le Grand Charles (l’artiste, pas le politique), “je suis un artiste oh comme ils disent” avec presque autant de dédain… Sans le vouloir, donc sans prétention, Jean-Michel nous livre une magnifique leçon de vie, c’est ça aussi la culture, c’est surtout ça la culture.
Trois minutes de lecture pour changer de regard.
Apprendre des autres, de leur chemin de vie, de leurs rêves, de leurs espoirs et de leurs doutes, de leurs succès (dans les affaires, dans les amours, qui changent souvent de secrétaire) et de leurs échecs (si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie, et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir, tu seras un homme mon fils). A quelques rues de là, autre théâtre, Frédéric, autre tout jeune comédien quinqua lui-aussi, podologue de son état, qui “monte” sur scène pour clamer son amour d’une artiste qui, avec ses chansons, sa liberté de vie et son absolutisme de vérité, lui a permis de s’assumer tel qu’il est.
Développer la culture partout et tout le temps, en entreprise en premier lieu, c’est permettre à chacune et à chacun de mieux se connaître, de mieux s’accepter et de mieux accepter les autres. Au final tout le monde y gagne, à titre personnel, la société dans son ensemble et l’entreprise en particulier. Merci Jean-Michel, merci Fred, moi aussi, j’aurais voulu être un artiste pour pouvoir dire pourquoi j’existe…