Je compte parmi les ardents partisans des carnets papier que j’utilise au quotidien. Question de génération, peut-être, et je l’assume pleinement. Question surtout d’efficacité. J’aime écrire plus que taper continuellement sur un clavier, ce que je fais également au quotidien. L’acte d’écrire à la main me procure, comme à chacune et chacun d’entre nous, cela est scientifiquement prouvé, plus de recul, de sérénité, de plaisir même et surtout, surtout une bien meilleure mémorisation que la même information saisie au clavier ou consignée à la hâte dans une note de téléphone. La main retient ce que l’écran oublie.
Voilà pourquoi, chaque année à la même période, je retrouve avec une joie que je ne cherche plus à dissimuler ce rituel minuscule et pourtant fondateur : choisir un carnet neuf. Passer la main sur sa couverture encore lisse. L’ouvrir à la première page, cette page blanche, forcément intimidante, qui semble à chaque fois m’interpeller directement : « Alors, cette nouvelle année, tu veux en faire quoi ? Tes projets, tes envies… tes rêves ? »
Car la rentrée reste une véritable tradition, sans doute la plus consensuelle de nos institutions laïques. Ailleurs, on reprend le travail ; chez nous, on rentre, comme on rentre chez soi après un long voyage. Le mot dit un retour, non un simple redémarrage. Et ce retour, curieusement, a pour moi le goût d’un recommencement.
Trois minutes de lecture pour changer de regard.
Les rares idées dont je suis un peu fier, un projet, une conférence ou les premières lignes d’un livre, ont toutes commencé de la même manière : griffonnées à la main, ratées, raturées, bien avant d’exister sur le moindre écran. Le carnet n’est pas l’endroit où je range mes idées. C’est l’endroit où elles naissent.
Alors, pour ces derniers jours d’août, je ne vous souhaiterai pas seulement une bonne rentrée. Je vous souhaite un beau carnet… et, pourquoi pas, le plaisir d’en offrir un autour de vous. À vos collègues, à vos équipes, à celles et ceux qui, comme nous, ont encore quelque chose à écrire.
Belle rentrée culturelle à toutes et à tous !