Foot et culture, leçons camusiennes contre le mal du siècle : la facilité.

Passionné de ballon rond, gardien de but émérite, Albert Camus aimait à répéter  que “sans la culture la société n’est qu’une jungle » et soutenait que justement “un stade est aussi un lieu où la culture se mêle à la vie.” Aujourd’hui, le football est plus que jamais une fête pour des millions de supporters à travers le monde, le foot comme la culture conserve cette capacité à réunir, à susciter des débats enflammés, à gommer les frontières et les cultures. À gommer certes seulement un peu et provisoirement… Mais tout de même ce un peu et ce provisoirement font un bien fou pour nous rappeler que ce qui rapproche les femmes et les hommes est tellement plus fort que ce qui nous sépare. Je n’ignore pas les poignets d’abrutis, Albert Camus était lui-même sans concession avec la bêtise, qui insultent les adversaires, qui provoquent des violences dans certains stades ou dans la rue pour “célébrer” une victoire ou… une défaite… “Le peu de morale que je sais, je l’ai appris sur les terrains de football et les scènes de théâtre qui resteront mes vraies universités” ces mots célèbres du Prix Nobel 1957 reflètent, au-delà d’une sincère humilité si loin des obsessions nihilistes contemporaines, sa conviction profonde que le sport et la culture offrent à chacun d’entre nous des enseignements permanents… à condition d’accepter de s’en saisir.

Car le sport et la culture sont aussi (pour paraphraser une célèbre pensée) un sport de combat. Et donc un effort. Je suis persuadé du bien-fondé de ce parallèle entre le sport et la culture, particulièrement dans un temps de l’Histoire où les tentations de la facilité, physique autant qu’intellectuelle, gagnent nos sociétés. Les médecins ne cessent de tirer la sonnette d’alarme sur le manque d’activité physique d’une partie croissante de nos concitoyens tandis que les psychiatres multiplient les alertes sur le déclin cognitif.

Car oui, la culture nécessite plus que jamais un effort au moment où le divertissement s’offre à nous, partout et des formes toujours plus nombreuses, accessibles et… addictives ! Des jeux aux séries TV, en passant par la fast-littérature ou la musique créée par l’Intelligence Artificielle, la facilité s’est lancée à la conquête du monde avec un succès probant…

Jean-Philippe ZAPPA parle de foot avec Albert CAMUS

Trois minutes de lecture pour changer de regard.

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Dans l’entreprise les conséquences de l’appauvrissement de l’effort, tant physique qu’intellectuel, sont palpables, mesurables. L’absentéisme au travail gagne partout du terrain, les jeunes et les cadres sont de plus en plus arrêtés, deux catégories de salariés traditionnellement moins exposées que les autres. Mais la tendance est en train de changer. Le taux d’absentéisme a bondi de 8% chez les cadres entre 2024 et 2025. L’absentéisme au travail des jeunes grimpe de 10% chez les moins de 35 ans en un an. Les conséquences du déclin cognitif sont tout aussi spectaculaires avec des collaborateurs de plus en plus nombreux à éprouver des difficultés de concentration, de mémorisation… Effets miraculeux de l’invasion du divertissement facile…
 
Dans les cages du Racing Universitaire d’Alger, où il rêvait de devenir professionnel, comme sur les planches d’un théâtre (Il a été acteur, metteur en scène, scénographe, directeur de troupe…), Albert Camus exigeait, pour lui-même autant que pour ses partenaires, un investissement total… mais toujours dans le respect de l’autre, dans l’acceptation de la nuance et du doute… qui font tellement défaut de nos jours…
 
Merci monsieur Camus et rendez-vous dans vos livres…